Pip Hare démâte
Après avoir démâté hier soir vers 21h45 UTC à environ 800 milles au sud de l'Australie, Pip Hare a sécurisé Medallia et a déjà installé un gréement de fortune. Amèrement déçu, il progresse lentement mais sûrement. Il n'a pas été blessé mais son esprit infatigable a pris un sérieux coup.
C'est le coup le plus cruel pour Hare qui était dans son élément, savourant sa longue lutte pour la 15ème place avec le skipper français Romain Atttanasio (Fortinet Best Western) et faisait de son mieux pour rattraper Benjamin Dutreux (Guyot Environnement-Water Family) en tête. Comme à son habitude, elle venait d'envoyer une vidéo joyeuse la veille : « C'est tellement beau ici », sourit-elle sous son bonnet en laine emblématique.
Jusqu'à présent, rien n'a été signalé sur ce qui aurait pu se passer, mais nous aurons des nouvelles dans la journée. Medallia n'est pas endommagée et Pip essaie de se remettre de la situation.
Hare n'est malheureusement pas le seul à rencontrer des difficultés. Confronté à une casse sur une partie de son gréement, le Hongrois Szabolcs Weöres (New Europe, 38e) semble faire route vers l'Afrique du Sud tandis que plus loin, sous le vent de l'île Saint-Paul, Antoine Cornic (Human Immobilier, 33e) a jeté l'ancre tôt le matin pour tenter de réparer son chariot de grand-voile, malgré une mer toujours très formée.
Le trio de tête fait des siennes tant que les conditions restent favorables. Charlie Dalin (MACIF Santé Prévoyance) a franchi le fameux anti-méridien en tête aujourd’hui mais subit une pression croissante de Yoann Richomme (PAPREC – ARKÉA). Richomme pointe à un peu plus de 40 milles ce matin et est toujours plus rapide d’un nœud que Dalin.
Derrière, ceux qui étaient restés bloqués dans les dorsales anticycloniques ont accéléré et ont désormais l'occasion de rattraper une partie de leur retard des derniers jours. Thomas Ruyant (VULNERABLE, 4e) à près de 25 nœuds de moyenne mène la charge.
11ème, la Suissesse Justine Mettraux (TeamWork-Team Snef) tente de talonner l'Allemand Boris Herrmann (Malizia Seaexplorer) qui figure parmi les plus rapides de la flotte, avec lui aussi une pointe à 25 nœuds.
« La vie a été faite de reaching et de réduction de la surface de voile, depuis hier, il y a deux ris et J3, c'est comme ça depuis au moins 24 heures, avec des voiles plus petites, donc c'est assez droit, il s'agit juste de régler. Mais les jours à venir seront difficiles et il n'y aura pas beaucoup de vent, donc nous verrons comment ça se passe. Je suis à 150 degrés Est et donc nous sentons que l'antiméridien arrive et après cela, nous commençons à nous rapprocher de la maison plutôt que de nous éloigner. J'ai l'impression de faire du bon travail pour prendre soin de moi, je mange vraiment correctement depuis le début de la course, je n'ai pas manqué un seul repas depuis le début de la course et je suis donc assez content de cela car on a besoin d'énergie quand on a froid et qu'on est fatigué. La semaine à venir ne sera pas facile car nous avons ce fort coup de vent qui arrive du nord et que nous devons négocier pendant les deux ou trois prochains jours, nous devons donc trouver un bon angle de reaching et voir comment nous pouvons gérer la pression. Après cela une transition et un peu de downwind pour se rapprocher du Point Nemo. »
De son côté, Damien Seguin (Groupe APICIL, 17e) récupère petit à petit après une phase de course vraiment dure, lui et son bateau souffrant : « J’ai encore des vents assez forts et des vagues de presque 5 mètres, mais c’est quand même beaucoup moins compliqué qu’il y a 24 heures où la météo était vraiment déchaînée. Hier je me suis beaucoup reposé et j’ai commencé les premières réparations, déjà pour être sûr que le bateau ne prenne plus l’eau. Je ne pourrai pas les finir complètement dans les deux prochains jours, j’attendrai des conditions plus calmes pour faire les dernières stratifications, mais dans tous les cas le bateau est en état de pouvoir naviguer sans trop d’inquiétude. J’ai des contrôles réguliers avec le médecin, on s’inquiète de savoir si le genou et mes vertèbres sont en bon état de toute façon pour pouvoir continuer la course sans risquer un deuxième accident. »
« Ce qui est important dans les moments compliqués comme celui-ci, où le bateau souffre énormément, où l’on prend beaucoup de chocs et beaucoup de stress aussi, c’est de réussir à relativiser. C’est facile à dire comme ça, mais il faut avoir confiance en son bateau, confiance en ce que l’on fait aussi, savoir garder la tête basse sans trop risquer le matériel. Je ne m’en sors pas trop mal, le bateau a quelques bleus, moi aussi, mais ça aurait pu être bien pire si j’avais gardé la tête basse. Je suis toujours en course et c’est le plus important. »
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